Conte
Enfant, j'ai vécu dans les Ardennes. Les collines et les forêts habitent mon paysage intérieur. J'aime le vert de la mousse, l'odeur de la terre, les espaces qui s'ouvrent, le silence, les lumières. Mais, dans les saisons grises la campagne m'endort... ! A 17 ans je suis partie, loin, puis revenue, à la ville cette fois. J'aime Bruxelles et son agitation. J'aime son foisonnement chaotique et comme elle me surprend. Alors, je vais je viens, j'emménage, déménage,... Mon chez moi est ici, mon chez moi est ailleurs. Mais comme dans une histoire d'amour, Bruxelles est parfois tout ce que je ne peux plus voir ! Alors, quand la ville m'empêche d'écouter, je prends les chemins... Je vais l'œil aux aguets dans le sombre du bois, aiguille et fil à la main ; le fil passe par le chas, il était une fois… Je m'y laisse écrire. Je me laisse conter, des contes merveilleux surtout. Sur leurs trames je brode des petits riens, poésie du quotidien, malice, humour tendre ou cruel. Aujourd'hui, je peux dire que je conte pour voir les hommes de près ; comme le dit Seuphor, le ciel de leur regard me fascine... Je travaille le conte auprès de Myriam Mallié et Michel Hindenoch, 2 Grandes personnes ! Ecrivain public auprès de personnes âgées, intervenante en ateliers contes auprès de « primo-arrivants » (quel mot étrange !), conteuse, je traque la parole et les modes de dire.
Il y a quelques mois, je me suis surprise à écrire une nouvelle « Lilas blanc », je ne m'y attendais pas ! ... De ce texte, Céline dit qu'il est « gorgé de terre et de sang, à la fois lumineux et ténébreux, plein d'une musique colorée, tsigane, une voix rauque, profonde. On entre dans les entrailles de la terre, de la mère en devenir. C'est rouge et noir et blanc comme le soleil sur les draps mouillés. ». Son image n'est pas la mienne ; c'est ça que j'aime dans le fait de raconter des histoires.
OdXAm
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